Régions frontalière entre Soudan et Soudan du Sud: Nouvelles tensions sur la question d’Abiyé

Les efforts du Soudan pour enrayer la propagation de la pandémie de COVID-19 retardent le déploiement de nouvelles unités de la police onusienne à Abiyé et dans d’autres régions frontalières entre le Soudan et le Soudan du Sud, a indiqué mardi le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix.

Dans un compte-rendu devant le Conseil de sécurité de l’ONU des activités de la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abiyé (FISNUA), il a estimé que la situation sécuritaire y demeurait instable, citant la montée des tensions entre les tribus Ngok Dinka et Misseriya, ainsi que la criminalité croissante et la présence d’éléments armés, dont certains ont échangé des coups de feu avec les troupes de la FISNUA.

Abiyé est une ville frontalière au coeur d’une région dont les autorités de Khartoum et de Juba revendiquent chacune le contrôle.

M. Lacroix a noté que bien que les relations entre les deux pays aient connu des améliorations, il est peu probable qu’on enregistre des progrès sur la détermination du statut final de ce territoire contesté, lequel est administré de facto par les deux Etats. Pour l’heure, l’Union africaine est de son côté sollicitée pour devoir traiter d’autres priorités.

En conséquence, selon M. Lacroix, le déploiement de trois unités de police constituées (UPC) est confronté à de « sérieux retards » en raison des restrictions de voyage mises en place par le gouvernement soudanais pour lutter contre le nouveau coronavirus.

« Le processus de déploiement de la première UPC identifiée en provenance d’Ethiopie était bien avancé début mars avec l’achèvement de la visite préalable au déploiement dans la zone de la mission », a-t-il déclaré aux membres du Conseil par visioconférence.

« Cependant, toutes les autres étapes ont dû être suspendues en raison de l’épidémie de pandémie de COVID-19 », a-t-il indiqué, ajoutant que, bien qu’aucun cas de virus n’ait été enregistré parmi le personnel de la FISNUA, les équipes médicales visitent tous les sites et secteurs pour vérifier l’état de préparation de la mission.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a signalé mardi un total de 275 cas confirmés de COVID-19 et 22 décès au Soudan, ainsi que six cas confirmés sans décès au Soudan du Sud.

La FISNUA a été créée par le Conseil de sécurité en juin 2011 après un embrasement du conflit peu avant l’indépendance du Soudan du Sud.

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