Plus de 2800 cas de cancer enregistré dans le CAC d’El Oued

Plus de 2.800 cas de cancer ont été enregistrés dans la wilaya d’El-Oued, depuis le lancement du Registre du cancer en 2014 jusqu’à la fin 2018, a-t-on appris auprès du Centre anticancéreux (CAC).

Ce recensement, dont le bilan 2019 n’est pas encore arrêté et pris en compte, concerne les malades ayant subi un traitement au niveau du service de chimiothérapie des tumeurs cancéreuses, ouvert à la fin de 2013 au niveau de l’Etablissement public hospitalier (EPH) «Benamar Djilani » à El-Oued, a expliqué le Dr Lamine Merigua, coordinateur du Registre du cancer et chef des services hospitaliers au CAC  «Chahid Rezgui Bachir ».

Les cas enregistrés portent sur dix (10) types de cancer, ceux du sein, du col de l’utérus et de la thyroïde chez les femmes, du poumon, du colon, de la prostate, de la vessie, des glandes lymphatiques et de la gorge chez les hommes, ainsi que la leucémie chez les enfants, a-t-il précisé, notant une légère hausse des cas de prévalence du cancer chez la femme, soit 52% contre 48% pour les hommes.

La numérisation, un outils à mettre en place pour le suivis des cas de cancer

Selon Dr Merigua, le recensement des cas cancéreux n’obéit pas à un mécanisme technique à même de donner une indication précise et systématique des nouveaux cas de cancer à travers les 30 communes de la wilaya d’El-Oued, l’opération étant souvent menée de manière  «classique » sur la base de relations personnelles à travers le contact direct avec les établissements publics hospitaliers (EPH) et de santé de proximité (EPSP) et les cliniques privées afin d’enregistrer les cas de malades du cancer.

Le procédé de recensement, que ce soit pour l’enregistrement des cas nouveaux ou des décès dus à cette maladie, reste pour le moins « classique » et ne permet pas de développer le système de prévention et de soins, a-t-il déploré.

D’où la nécessité d’une réflexion « sérieuse » sur sa « numérisation », à la faveur d’un plan d’action commençant par contraindre les EPH, les EPSP et les cliniques privées au signalement systématique des cas d’atteinte de cancer, et les collectivités locales (communs) à consigner les cas de décès dus au cancer, afin de parvenir à un suivi précis de ce dossier, a estimé le responsable. 

Dans le même contexte, le vice-président du bureau national, également président du bureau régional à El-Oued, de l’Association « El-Fadjr » d’aide aux cancéreux, Mohamed Zeghdi, a signalé, pour sa part, l’existence de cas non recensés de cancéreux au niveau des localités enclavées, du fait d’une faible couverture médicale et l’éloignement des structures de santé, n’ayant pas permis des consultations médicales pouvant diagnostiquer les symptômes de la maladie.

L’association a assuré en 2019 l’accompagnement et le suivi médical de 280 malades atteints de cancer sur les 1.600 inscrits à son niveau, a-t-il fait savoir, alertant également sur les données « effrayantes » du secteur de la Santé qui font état de 37 nouveaux cas de cancer chaque mois et d’une vingtaine de décès sur la même période.

M. Zeghdi  a imputé cette hausse du nombre de décès à la découverte « tardive » de la maladie, soit à son stade terminal, ne permettant pas de soumettre le malade à la chimiothérapie et à la radiothérapie, mais de l’orienter seulement en soins intensifs.

4 services uniquement sur onze en service

Dans le cadre de la prise en charge de cette maladie lourde, un Centre anticancéreux a été mis en service au début d’avril 2018 à El-Oued, mais ne fonctionne qu’à 37% seulement de ses capacités, avec l’ouverture de quatre (4) services seulement, les sept (7) autres souffrant encore soit de l’absence d’équipement médical, soit d’un manque d’encadrement médical et paramédical, selon le Dr Merigua.

Les quatre services fonctionnels sont les services de chimiothérapie transféré de l’EPH d’El-Oued et d’Hématologie, ainsi que la pharmacie et le laboratoire.

Les autres, bien que devant constituer l’ossature essentielle du CAC, ne sont pas encore opérationnels (radiothérapie, médecine nucléaire, radiologie, oncologie, anatomie, Centre de transfusion sanguine et anesthésie-réanimation), a précisé le  responsable.

Cette importante structure de santé, d’une capacité de 140 lits, s’insère dans le cadre de la Carte nationale arrêtée par le ministère de tutelle pour une meilleure prise en charge du Cancer, à travers aussi bien un rapprochement des structures de santé du malade que de la disponibilité des équipements pour le traitement de la pathologie, a souligné  Dr Merigua.

De sont côté, le président du bureau régional de l’association « El-Fadjr » a appelé à l’ouverture de l’ensemble des services du CAC pour une meilleure prise en charge des malades, surtout que les pouvoirs publics ont mobilisé un financement de 3,5 milliards DA pour son équipement, en plus des 5,2 milliards DA qui ont été consacrés à son étude et sa réalisation.

En dépit des prestations limitées qu’offre l’établissement jusque-là, la cellule d’écoute continue d’apporter son assistance (orientation, accompagnement et soutien psychologique) aux malades cancéreux, que ce soient ceux qui sont suivis au niveau du CAC d’El-Oued, ou ceux contraints à se diriger vers d’autres structures du type à travers le pays ou vers d’autres services médicochirurgicaux opérationnels, a expliqué M. Zeghdi.

Le CAC d’El-Oued a assuré durant l’année 2019 des prestations hospitalières à 10.944 malades issus de 33 wilayas du pays, ainsi que 8.879 consultations spécialisés.

R.R/Agence

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