Covid-19 : Une enzyme rendrait les hommes plus vulnérables au virus

Depuis l’apparition du Covid-19 en décembre dernier dans un marché de la province de Wuhan jusqu’à ce jour, le coronavirus nouveau ne cesse de surprendre la communauté scientifique qui se retrouve à chaque fois face à de nouveaux symptômes donc face à de nouvelles pistes pour mieux comprendre les mécanismes de ce virus et surtout mettre au point  un vaccin qui pourrait stopper la progression inquiétante de cette pandémie.

Les symptômes s’apparentant à un syndrome grippal décelés sur les premiers cas ne semblent plus les seuls à être pris en considération chez les personnes contaminées par ce virus puisque qu’on a parlé également de manifestations digestives, perte du goût et de l’odorat, inflammations au niveau des extrémités s’apparentant aux engelures, manifestations cutanées…etc, des symptômes se manifestant de la façon la plus anodine, jusqu’à la forme la plus grave avec des complications pouvant entraîner la mort.

Il y a quelques semaines, le Royaume-Unis s’était dit inquiet par l’apparition chez les enfants de plusieurs cas inflammatoires rappelant la maladie de Kawasaki. Les mêmes constatations ont été faites sur quelques cas en France ainsi que, cette semaine, aux Etats-Unis où l’on parle d’une centaine de cas âgés de moins de 21 ans dont 3 décès dans l’Etat de New York. Une nouvelle source d’inquiétude qui pourrait ne pas clôturer la longue liste symptomatique de ce virus.

Après un premier constat faisant état d’une contamination plus importante chez les hommes, plutôt que chez les femmes, les chercheurs se sont lancés dans l’analyse des schémas de contamination de la population touchée par le Covid-19. Une étude néerlandaise publiée le 11 mai dernier note que cette vulnérabilité est due à la présence d’une enzyme appelée ECA2.

Cette dernière est « un accélérateur de réactions chimiques chez l’être humain et un récepteur qui permet à certains virus d’infecter nos cellules saines ».

L’étude menée par le Centre médical universitaire de Groningen a porté sur 1000 hommes et 500 femmes de 11 pays d’Europe souffrant d’insuffisance cardiaque mais pas de Coronavirus. L’analyse du plasma de ces patients a révélé que la concentration d’ACE2 était plus grande chez les hommes. «Dans deux grandes cohortes de patients atteints d’insuffisance cardiaque, les concentrations plasmatiques d’ACE2 étaient plus élevées chez les hommes que chez les femmes, reflétant peut-être une expression tissulaire plus élevée de ce récepteur pour les infections à coronavirus du SRAS. Cela pourrait expliquer pourquoi les hommes pourraient être plus sensibles à l’infection par le SRAS-CoV-2 ou à ses conséquences », notent les chercheurs.

Cette enzyme que l’on retrouve dans les poumons, le cœur et les intestins est également présente dans les testicules, contrairement au tissu ovarien. L’étude suppose donc que « le virus pourrait rester plus longtemps dans l’organisme des hommes parce qu’il trouverait refuge dans les testicules ».

D’autres études sont en cours dans ce sens pour essayer de comprendre un peu plus le processus de contagion du Covid-19 qui n’a pas fini de révéler tous ses secrets.

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