Covid-19: Le recours aux « masques alternatifs » contribue à assurer leur disponibilité pour tous les citoyens

Le ministre délégué chargé de l’industrie pharmaceutique, Dr. Lotfi Benbahmed a indiqué que le recours aux « masques alternatifs » en tissu contribuera à assurer leur disponibilité au profit de tous les citoyens.

Depuis le début de la propagation du nouveau Coronavirus, de nombreux pays du monde frappés par cette pandémie se sont lancés dans la fabrication des « masques alternatifs » en tissu homologué lavables et réutilisables, a déclaré le ministre délégué à l’APS.

Dès l’arrivée de la pandémie en Algérie, le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels et celui de l’Industrie et des Mines ont commencé à produire ce type de masque, en sus de certains pharmaciens d’officines et artisans qui ont œuvré à fournir ce moyen de protection contre la propagation du Covid-19, dans le but de l’accessibiliser à tous les Algériens, a-t-il ajouté.

L’avantage des « masques alternatifs », explique-t-il, réside dans le fait qu’ils sont « faciles à fabriquer, lavables, réutilisables et à la portée de tous », outre leur utilité pendant la saison du froid contre la grippe saisonnière ».

Pour le ministre délégué, amener la société à porter ce nouveau type de masque pour prévenir contre le Coronavirus introduirait cette pratique « dans la culture et les habitudes de la société ».

Concernant les masques médicaux, Dr Benbahmed a assuré que les stocks au niveau de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) s’élevaient actuellement à 20 millions de masques, faisant état de la réception prochaine de 10 millions masques supplémentaires en provenance de la République populaire de Chine.

Ces masques importés et ceux produits par quatre opérateurs locaux sont destinés essentiellement au personnel de la santé publique, a-t-il soutenu.

Le ministre a estime en outre qu’en moyenne 3 à 4 masques médicaux étaient utilisés au quotidien, et leur distribution aux citoyens exige la garantie de plus de 100 millions masques par jour, ce qui est impossible à l’heure actuelle, d’où le recours au nouveau type de masques.

Pour sa part, le président du Syndicat national algérien des pharmacies d’officines (SNAPO), Dr Messaoud Belambri a souligné que les pharmaciens avaient  reçu un premier lot de la Pharmacie centrale des hôpitaux, soit 140 000 bavettes en attendant la réception de 300 000 autres dans les quelques prochains jours.

Cette quantité demeure « insuffisante » pour un total de 11 pharmacies à travers le territoire national, a-t-il regretté.

Le responsable syndical a ajouté que des pharmaciens dans les wilayas de Bejaia, Tipasa, Saida et Jijel se sont mis à la confection de masques médicaux pour assurer leur disponibilité au citoyen à des prix raisonnables, affirmant que l’élargissement de leur production aux ministères de la Formation et de l’Industrie et certains artisans favorisera leur disponibilité pour les citoyens.

Pour sa part, le président de l ‘Association Recherches, informations et formations subaquatiques « Recif », Hamid Belkacem a souligné que son Association avait assuré la distribution de 200 masques de plongée utilisés dans la respiration artificielle en faveur des cas souffrant de détresse respiratoire aiguë au niveau des services de réanimation, suite à leur contamination par le nouveau coronavirus.

Près de 20 wilayas ont bénéficié de ces masques, a-t-il indiqué, ajoutant que leur utilisation avait démontré son efficacité dans les pays européens où le virus s’est propagé.

Pour sa part, Dr Amine Naili, anesthésiste et réanimateur à l’établissement spécialisé de Cherchell (wilaya de Tipasa), l’un des médecins qui ont utilisé ce genre de masques, a dit que ce type de masque était converti et utilisé en tant que respirateur artificiel, lorsque le malade atteint de covid-19 souffre de détresse respiratoire aigüe.

Les spécialistes en anesthésie et en réanimation recourent à deux méthodes dans les cas de détresse respiratoire aigüe chez les malades atteints de Covid-19. La première méthode consiste en l’intubation après la mise sous anesthésie du malade mais la plupart des sujets qui subissent cette méthode décèdent, a expliqué le même spécialiste. La deuxième méthode est le recours au masque Easybreath utilisé en natation et plongée sous-marine, une méthode, a-t-il précisé, « sans complication, qui permet de laisser le malade éveillé et qui l’aide beaucoup du point de vue psychologique, à travers la communication avec le corps médical et paramédical ».

De son côté, le chef de service de réanimation, d’anesthésie et de greffe d’organe et de tissus à l’établissement hospitalier de Blida, le Dr Fahed Chater, a fait savoir que « l’utilisation de ce genre de masque (destiné essentiellement à la natation et à la plongée sous-marine) pour les malades atteints de Covid-19, notamment les cas souffrant de détresse respiratoire a sauvé la vie à 75 patients qui ont quitté l’hôpital après guérison sans recourir à l’intubation ».

Le service « Covid 19 » a été étendu à celui de la chirurgie oto-rhino-laryngologie  (ORL) et prend en charge les malades atteints de ce virus hospitalisés au niveau de l’EHU de Blida et nécessitant des soins de réanimation et d’anesthésie.

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