Brexit: Londres veut stimuler les échanges commerciaux avec l’Afrique

Le Brexit met fin à 47 ans d’échanges « privilégiés » entre le Royaume-Uni et l’Union européenne au moment où Londres a déjà commencé à stimuler les échanges commerciaux avec l’Afrique, aspirant à devenir le plus grand investisseur du G7 en Afrique d’ici 2020.

Dans un souci d’approfondir et « redéfinir » ses relations commerciales avec le continent africain après sa sortie de l’Union européenne, Londres a organisé un sommet économique UK- AFRICA le 20 janvier 2020 en présence du Premier ministre britannique Boris Johnson, et des dirigeants et représentants de 21 pays africains.

Le Royaume-Uni est à la recherche de relations commerciales nouvelles, s’accordent à dire des analystes, misant notamment sur les pays africains et ceux du Commonwealth (Inde, Canada, Australie), alors que le Brexit met fin à 47 ans d’échanges « privilégiés » avec l’Union européenne. L’UE représentait en 2018, 43% de ses exportations et 53% de ses importations, selon des sources locales britanniques.

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a plaidé pour que le Royaume-Uni devienne l' »investisseur de choix » des pays africains, promettant 7 milliards de livres sterling d’investissement immédiat. Il a, en outre, assuré aux dirigeants africains que le Royaume-Uni serait « plus ouvert aux migrants du continent africain après le Brexit », soulignant que la sortie du Royaume-Uni de l’UE à la fin du mois de janvier marquerait la fin du traitement de faveur des migrants européens.

En tournée en 2018 sur le continent, l’ex-Première ministre britannique Theresa May avait, pour sa part, dit son ambition de faire de son pays « le plus grand investisseur du G7 en Afrique d’ici à 2022 ». Un nouveau partenariat qui passe par des investissements, et annoncé une enveloppe de 4 milliards de livres (4,1 milliards d’euros) pour des investissements dans l’économie africaine.

Les relations commerciales avec l’Afrique après le Brexit

Toutefois, des analystes font relever que des pays africains ne seront pas épargnés par les conséquences du Brexit, la plupart des accords commerciaux que le Royaume-Uni a passés avec ces pays africains ayant été négociés par l’intermédiaire de l’UE.

Après le Brexit, la Grande-Bretagne pourra en revanche établir des accords plus directs (bilatéraux) avec des pays africains, notamment l’Ethiopie, et ses anciennes colonies, Ghana, Kenya, Afrique du Sud, Sierra Leone, Nigeria, son premier partenaire économique en Afrique de l’Ouest, où les entreprises britanniques sont présentes depuis des décennies dans les secteurs clés des matières premières ou des télécoms.

Au-delà de l’horizon 2020, les accords commerciaux entre de nombreux pays africains et le Royaume-Uni devraient rester les mêmes dans le cadre d’un certain nombre « d’accords de continuité ». Ceux-ci stipulent essentiellement que les conditions commerciales (tarifs, quotas, normes, etc.) devraient rester inchangées entre un certain nombre de pays et de blocs commerciaux africains et l’UE.

Par exemple, en septembre dernier, le Royaume-Uni a lancé un accord de partenariat économique avec l’Union douanière d’Afrique australe (Sacu) – qui est composée de l’Afrique du Sud, du Botswana, de la Namibie, du Lesotho et d’eSwatini – et le Mozambique. Il est conçu pour maintenir les choses telles qu’elles sont dans le cadre des relations commerciales actuelles que les pays d’Afrique australe entretiennent avec l’UE.

Le Royaume-Uni a mis en place une quarantaine d’accords de « continuité » de ce type, couvrant près de 70 pays.

Droits de douanes et contrôle aux frontières

En sortant de l’Union européenne (UE), la Grande-Bretagne s’expose en revanche à l’instauration de droits de douanes de la part de ses anciens partenaires européens. Dans ce contexte, le renforcement des contrôles aux frontières risque de compliquer les exportations africaines qui transitent aujourd’hui par le royaume : fleurs, fruits frais ou matières premières.

De quoi augmenter le coût des exportations africaines vers l’Europe. L’Afrique du Sud exporte, par exemple, 10% de sa production de vin vers le Royaume-Uni et les producteurs s’inquiètent d’une augmentation des droits de douanes vers l’UE.

L’industrie très lucrative des fleurs, pour laquelle Londres constitue le second marché d’exportation après les Pays-Bas, pourrait également souffrir. Pour contourner cette menace, un accord commercial sur l’exportation des végétaux entre le Kenya et l’UE serait en négociation.

Les Pays-Bas sont un point de transit important pour les fleurs kenyanes qui entrent en Europe . Qu’en est-il des producteurs de fleurs du Kenya ?

Le Brexit pourrait également avoir besoin de nouvelles infrastructures au Royaume-Uni pour faire face à certaines importations.

Le Kenya Flower Council a fait remarquer que l’infrastructure permettant de faire acheminer les fleurs directement vers le Royaume-Uni n’est pas aussi développée que la route Nairobi-Amsterdam. En d’autres termes, il pourrait y avoir un impact.

avec APS

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