Anniversaire de la Nakba-catastrophe: l’éternelle plaie palestinienne

Le 72e anniversaire de la « Nakba » palestinienne, l’éternelle plaie palestinienne, qui sera célébrée vendredi, intervient dans une conjoncture particulière marquée par une forte mobilisation des Palestiniens face aux tentatives de l’occupant israélien d’annexer de nouvelles terres en Cisjordanie occupée, en pleine pandémie du Covide-19.

La « Nakba » désigne la « catastrophe » que fût pour les Palestiniens la création d’Israël en 1948 sur les trois quarts de la Palestine poussant plus de 760.000 Palestiniens, aujourd’hui plus de 5 millions avec leurs descendants, à se réfugier dans des pays voisins.

La catastrophe de la Nakba fût aussi la destruction entre 1947 et 1949, de plus de 500 villages palestiniens, dont le plus connu est Deir Yassine, avec ses 250 habitants massacrés par les forces d`occupation.

Cette année, le 72e anniversaire de la Nakba, célébré le 15 mai de chaque année, intervient au moment où la planète entière est frappée par la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19) qui a poussé tous les pays du monde, à imposer des mesures préventives en vue d’empêcher la propagation du virus.

Dans le souci de préserver la santé des Palestiniens où qu’ils soient notamment dans les camps de réfugiés et dans le cadre du respect de l’Etat d’urgence décrété en Palestine en raison du Covid-19, les responsables palestiniens ont décidé d’annuler les manifestations populaires traditionnelles et d’organiser, à partir de ce vendredi, une série d’activités numériques sur les réseaux sociaux.

Dans le cadre de ces activités célébrant la Nakba, une campagne médiatique multilingue et multiforme sera lancée au niveau national sous le slogan « Nous retournerons en Palestine », selon Ahmed Abou Houli, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Et de préciser que ces activités numériques ont pour but de rappeler au monde entier la souffrance du peuple palestinien depuis 1948, son attachement à son droit au retour à ses terres, et son rejet du plan américain appelé +Accord du siècle+ et du plan d’annexion par l’occupant israélien de pans de la Cisjordanie occupée.

Le responsable de l’OLP a fait savoir également que le Comité national suprême soumettrait un mémorandum au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, pour rappeler « la tragédie (Nakba) que notre peuple vit depuis 72 ans « . De nombreux messages seront aussi envoyés, à cette occasion, aux Unions parlementaires, y compris l’Union parlementaire arabe, africaine, européenne et internationale.

Large mobilisation des Palestiniens face aux plans d’annexion

L’évènement de la Nakba est commémoré cette année aussi sur fond de nouvelles tensions dans les territoires occupés marquées par les tentatives d’Israël, soutenu par les Etats-Unis, d’annexer de nouvelles parties de la Cisjordanie.

Dans ce contexte, le Bureau national pour la défense de la terre et la résistance à la colonisation de l’OLP a publié récemment un rapport dans lequel il déclarait qu' »une équipe américano-israélienne travaille pour compléter les cartes des régions de Cisjordanie qui seront annexées à Israël ».

« Le gouvernement israélien, avec le soutien du président américain, Donald Trump, exploite la pandémie de coronavirus et se prépare pour le processus d’annexion, dans l’indifférence locale et internationale à la question », avait alors indiqué le bureau, citant le groupe israélien de défense des droits de l’Homme, Ir Amim.

Les responsables palestiniens soutiennent que, dans le cadre du prétendu plan de paix américain (dit Accord du siècle), Israël annexera 30 à 40% de la Cisjordanie occupée, y compris toute la partie orientale de la ville sainte d’El-Qods.

Et c’est ainsi que les Palestiniens sont déterminés plus que jamais à mettre en échec ces plans visant à saper le processus de paix, et à se mobiliser pour attirer l’attention de la communauté internationale et la convaincre de l’urgence d’organiser « une conférence internationale pour la

paix », sur la base du droit et de la légalité internationale, pour mettre fin à l’occupation israélienne et concrétiser l’indépendance de la Palestine avec al Qods-Est comme capitale.

Le président Mahmoud Abbas avait récemment expliqué que l’organisation d’une telle conférence a pour but aussi de « régler toutes les questions du statut final dont celle relative au retour des réfugiés et aux prisonniers, conformément aux résolutions de la légalité internationale ».

Pour freiner les projets d’annexion, les Palestiniens tentent aussi de mobiliser les pays arabes, notamment l’Egypte et la Jordanie ou des pays du Golfe. Ils ont aussi dit vouloir impliquer le président russe Vladimir Poutine en vue d’une conférence de paix internationale sur le Proche-Orient.

A la veille de la commémoration du 72e anniversaire de la Nakba, l’agence palestinienne des statistiques a annoncé que la population palestinienne s’est multipliée par neuf depuis cette catastrophe.

« Il y a maintenant 13,4 millions de Palestiniens, dont plus de la moitié vivent dans la Palestine historique (Cisjordanie, bande de Ghaza et Israël) », a déclaré le Bureau central palestinien des statistiques (PCBS) dans un communiqué.

En outre, selon l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA), le nombre de réfugiés palestiniens a atteint 5,6 millions en 2019. La majeure partie de ces réfugiés sont expatriés dans les pays voisins.

Le PCBS a constaté que 28,4% des réfugiés palestiniens sont dispersés dans 58 camps gérés par l’UNRWA – 10 camps en Jordanie, 9 en Syrie, 12 au Liban, 19 en Cisjordanie et 8 à Ghaza. Les réfugiés représentent 43% de la population palestinienne totale, selon le rapport.

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